Ma Fantomette,

Il est des matins ou l'on se réveille avec cette curieuse sensation de plaisir teintée de honte.
Vous connaissez sans doute ce fugace plaisir coupable, étrange et prompte.
Il est des matins ou l'on s'inquiète de savoir de quel esprit malade peuvent sortir de si curieux songes.
De quelles absurdes rêveries proviennent ces folles idées qui vous rongent.

Ce matin était précisément un de ceux la ma Fantomette.
Puisque vous m'exhortez à me confier, à me trahir,
Et puisque désormais vous hantez mes nuits ô sombre playmate,
Alors sans peine j'avouerai et confesserai tout, le drôle comme le pire.

Cette nuit justicière, j'ai rêvé qu'ardemment vous me chevauchiez
Je revois vos athlétiques cuisses fermement m'enserrer
Derrière votre masque couleur ébène je devinais un timide sourire
Cette nuit fière guerrière, j'ai rêvé qu'ensemble nous prenions du plaisir.

De cette folle cavalcade, me reviennent maintenant tous les détails
Des froissements de votre cape, de vos coups de talons, de cette charnelle bataille,
De vos collants tombant lentement, de vos cris sourds, de vos chuchotements
De ces agiles mains nous conduisant tous deux vers le plus total enivrement

Et puis lentement le rythme vous avez ralenti
Doucement, ô mon aimée, vous vous êtes retirée
Votre justaucorps jaune à sa place vous avez remis
Pour disparaître en un éclair dans cette moite obscurité

Inlassablement vous me preniez, m'enfourchiez, m'abandonniez et toute la nuit recommenciez
J'en ai honte mais je ne pouvais plus longtemps conserver ce secret
Oui, cette nuit, j'ai rêvé que vous m'utilisiez ma Fantomette,
Oui, cette nuit, j'ai rêvé que j'étais votre vrombissante trottinette...